Tigre de Tasmanie : cet animal malheureusement disparu

Appelé également Loup marsupial ou loup de Tasmanie, le tigre de Tasmanie est un mammifère marsupial dont la taille est très proche de celle d’un loup. Appartenant à la famille des thylacinidés, le tigre de Tasmanie était la dernière espèce de la famille qui vivait à cette époque, parce que cette espèce aurait disparu dans les années 30, plus exactement depuis 1936. Il était appelé ainsi à cause de son pelage tigré, et habitait certaines régions de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée. Le tigre de Tasmanie avait une morphologie assimilée à celle du chien avec une queue raide et un corps recouvert de poils courts. Son pelage est de couleur jaune-brun, orné de bandes sombres sur le dos, sur la croupe et sur la naissance de la queue.

Le tigre de Tasmanie mesurait en moyenne entre 1 mètre et 1,80 mètre, comprenant la queue qui, elle, a une longueur de 50 à 65 cm. On avait enregistré un record de 2,90 mètres pour le plus grand spécimen. Au garrot, le tigre de Tasmanie avait une hauteur de 60 cm et son poids était compris entre 20 et 30 kg environ. Le dimorphisme sexuel n’était pas si évident, comme la différence entre un mâle et une femelle était insignifiante. On reconnaît la femelle avec sa poche marsupiale sur laquelle évoluaient quatre mamelles. La dentition du tigre de Tasmanie se distinguait par ses 7 prémolaires sur chaque côté, qui diffèrent de celles des autres espèces marsupiales. Sur sa puissante mâchoire, 46 dents lui servaient d’arme pour saisir ses proies. Le tigre de Tasmanie possédait des pattes avec un coussinet plantaire d’une certaine étendue dont les pattes postérieures sont dotées de 4 doigts et les pattes antérieures de 5 doigts sur lesquels sont implantées des griffes non rétractables. On attribue au tigre de Tasmanie une longévité estimée entre 5 et 7 ans dans la nature, jusqu’à 9 ans en captivité.

Le tigre de Tasmanie, un animal nocturne

Le tigre de Tasmanie était plus actif la nuit, puisqu’il commençait sa chasse au crépuscule jusqu’à tard dans la nuit et se reposait pendant le jour. Le tigre de Tasmanie avait les prairies comme zones de chasse la nuit et les collines et forêts comme zones de repos le jour. Il prenait sa sieste caché dans des grottes ou au creux d’un tronc d’arbre dans lesquels il confectionnait un petit nid douillet avec des brindilles, des écorces ou des fougères. Le tigre de Tasmanie était un animal discret et craintif, préférant vivre en cachette.

Le tigre de Tasmanie avait une démarche plutôt raide, dépourvue de toute souplesse et d’agilité. Il n’avait pas l’étoffe d’un bon coureur, puisqu’il se déplaçait avec une faible vitesse. Toutefois, comme le kangourou, le tigre de Tasmanie avait une grande capacité à bondir. Il ne faisait usage de ces bonds que quand il était face à un danger, seulement pour gagner un certain avantage sur l’ennemi. Le tigre de Tasmanie aurait eu des grognements et de sifflements comme cris, quand il faisait face au danger, mais sa meilleure arme était l’écartement de ses mâchoires qui arrivaient à effectuer jusqu’à 120°. Pour communiquer avec ses congénères, le tigre de Tasmanie émettait des sons ressemblant à de l’aboiement, et, à une distance moins importante, pour se communiquer entre famille, avec des bruits de reniflement.

Le tigre de Tasmanie était doté d’un odorat plus ou moins pointu, une faculté qu’il aurait utilisée pour épier ses proies, mais réfutée par certains chercheurs. Ce qui est sûr, c’est que le tigre de Tasmanie possédait une acuité visuelle plutôt développée et une capacité auditive très poussée pour chasser. Une autre particularité que le tigre de Tasmanie aurait eu est celle de pouvoir se tenir debout avec seulement ses pattes postérieures, comme le font le kangourou, pour pouvoir prêter oreille aux environs ou guetter quand il sentait un imminent danger venir.

Le tigre de Tasmanie vivait dans des zones peu boisées. Sa population se concentrait sur les côtes et quelques régions à l’intérieur de l’île. Le tigre de Tasmanie pouvait se constituer une zone de chasse jusqu’à 40 à 80 km carré. Il habitait dans les forêts sèches dans lesquelles l’eucalyptus était l’essence abondante. Il se rencontrait aussi dans les régions humides et dans les prairies.

Le tigre de Tasmanie, un carnivore invétéré

Le tigre de Tasmanie était un carnassier appréciant les kangourous, les oiseaux, les wallabies et les wombats. Les muscles de son estomac pouvaient se décontracter pour pouvoir contenir une grande quantité d’aliments, puisqu’on attribuait au tigre de Tasmanie un grand appétit. Il arrivait à ingurgiter un certain volume de chair quand il en avait l’occasion, puisque, pendant un certain temps, les proies manquaient. Le tigre de Tasmanie chasserait en petit groupe, avec les membres de sa famille, et il utilisait l’embuscade pour surprendre ses proies.

On attribue au tigre de Tasmanie une proie de prédilection. En effet, il affectionnait particulièrement un oiseau appelé « émeu de Tasmanie ». Cet oiseau de grande taille aurait partagé l’habitat des tigres de Tasmanie et constituaient leur principal repas. Cet oiseau serait également disparu, une disparition qui coïnciderait avec celle du tigre de Tasmanie.

Le tigre de Tasmanie avait aussi un penchant pour les bétails, particulièrement pour le mouton. Les hommes le chassaient pour cette raison. On assignait au tigre de Tasmanie la mauvaise réputation d’animal assoiffé de sang. En captivité, le tigre de Tasmanie était nourri de viandes de divers animaux, celle du lapin à la viande de bœufs.

Le tigre de Tasmanie pouvait se reproduire tout au long de l’année. Cependant, les saisons propices à la reproduction étaient soit au printemps soit pendant l’hiver. La femelle du tigre de Tasmanie pouvait avoir jusqu’à quatre bébés pour une seule portée, mais, fréquemment,  elle donne naissance à deux ou trois bébés. La maman aurait porté sur elle, dans sa poche marsupiale, sa progéniture jusqu’à ses trois mois, mais aurait gardé sous sa protection ses bébés jusqu’à un âge assez avancé. Le tigron était né aveugle et dépourvu de poils, mais après trois mois dans la poche de sa mère, il avait atteint toute sa faculté visuelle et était tout poilu. Le jeune tigre était nourri par les adultes et ne quittait la tanière qu’après avoir eu une certaine indépendance.

Les probables causes de sa disparition

Le dernier tigre de Tasmanie qui était resté vivant fut tué en 1930 par un fermier. Les éleveurs de mouton l’avaient dans leur ligne de mire et lui réservaient une chasse assidue. Dans les années 1830, on attribuait à ceux qui arrivaient à abattre un tigre de Tasmanie des primes, et, selon les recensements, 2 200 individus trouvaient la mort entre 1888 et 1909.

Les aborigènes et les colons vivant sur l’île à l’époque y auraient introduit de nouvelles espèces, en l’occurrence des chiens errants, les dingos. En concurrence avec eux, le tigre de Tasmanie aurait fait l’objet d’affrontement provoqué par ces nouveaux venus. Néanmoins, cela reste une simple hypothèse, puisqu’aucun écrit ne prouve cette supposition.

À part la chasse, le tigre de Tasmanie serait aussi disparu à cause de la déforestation. À l’époque, l’avancée de l’urbanisation et la construction de nouvelles villes conduisaient les hommes à abattre les arbres, les zones boisées étaient alors devenues moins nombreuses. C’est ainsi que les proies devenaient de plus en plus rares jusqu’à ce que les derniers spécimens aient été victimes soit de la chasse, soit de la famine. On pense également que la maladie de Carré était une des causes qui aurait engendré l’extinction du tigre de Tasmanie.

L’UICN a inscrit le tigre de Tasmanie dans la catégorie des espèces éteintes en 1982.

Le tigre de Tasmanie, une référence culturelle

Bien que disparue depuis longtemps, le tigre de Tasmanie continue à faire parler de lui en étant perpétué comme référence culturelle de Tasmanie. En effet, l’animal est considéré comme symbole de l’île pour se  trouver sur ses armes officielles, sur les plaques d’immatriculation et sur les logos officiels de la principale ville de l’île. L’équipe nationale de cricket a même pris le tigre de Tasmanie comme mascotte et comme appellation. Il prête même son image aux timbre-poste en Australie et en Nouvelle-Guinée.

Le tigre de Tasmanie est devenu populaire jusqu’à se mettre sur les bouteilles de bière. Il est immortalisé par les publicitaires comme inspirateur de campagne de publicité, à savoir celle d’une société protectrice de la nature.

Dans le septième art, le tigre de Tasmanie a inspiré les réalisateurs de certains films d’animation. Il s’est glissé dans le personnage de Wendell T.Wolf dans le célèbre dessin-animé Taz-Mania, sorti au début des 1990. Des tigres de Tasmanie avaient illustré le dessin-animé japonais Flo et les Robinson suisses comme étant des attaquants de naufragés. Les adeptes de jeux vidéo peuvent aussi l’avoir comme personnage principal d’une trilogie de jeux.

Si certains pensent que le tigre de Tasmanie est un mythe, ils devront alors revoir leur pensée, car le tigre de Tasmanie existait bel et bien. On peut trouver des archives qui prouvent leur existence, et des chercheurs essaient toujours d’en savoir davantage sur tout ce qui l’entoure. Dans tous les cas, le tigre de Tasmanie est un fascinant animal qui mérite d’être mieux connu.

Add a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.